Ma campagne me gratifiait des plus beaux paysages que l’œil humain pouvait considérer. J’étais habituée à contempler les collines, à admirer les pâturages et les champs en friche. J’assistais à des couchers de soleil qu’aucun peintre n’aurait été en mesure de reproduire. L’hiver, à la vue des flocons tombant sous la lumière de la lampe, je frissonnais. Quand le tonnerre sévissait, je tressaillais puis, déchaînée, je dansais sous la pluie diluvienne. En contrant le vent, je me moquais de ses sifflements. Je buvais les eaux cristallines des cascades. L’été, je me baignais dans des rivières aux courants limpides. Je savais dénicher la nature sauvage où j’exerçais ma pleine liberté. Elle était créatrice de mon bonheur, j’étais son enfant chéri.

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© Mirjana STANKIĆ